Cette formation a été une véritable révélation pour les participants venant essentiellement d’Asie : Chine, Japon, Malaisie, Myanmar, Philippines, Vietnam, mais aussi Zambie.
« Avec cette formation, je réalise qu’il y a un très grand nombre de réfugiés vivant dans un autre pays, et mon esprit est désormais ouvert à cette réalité », a déclaré Pale, 27 ans, délégué du Myanmar. Il a ainsi pu voir les conditions de vie des réfugiés et des sans-papiers en Malaisie.
Durant le programme d’immersion, le premier du genre pour Fondacio en Asie, les participants ont notamment suivi deux cours portant sur les deux questions les plus urgentes auxquelles l’Eglise de Malaisie est confrontée : le dialogue interreligieux et la pastorale pour les migrants et les réfugiés. Le programme d’immersion, qui vient juste de s’achever, était la dernière phase du cursus de formation de dix mois proposé à des jeunes afin qu’ils deviennent responsables « jeunes » dans leur communauté ecclésiale d’origine.
Connaître les autres religions
Josephine Tey, du Bureau pour le Développement humain à l’Archidiocèse de Kuala Lumpur, a animé une session sur les réfugiés et les migrants. Le père Michael Chua, de Seremban, ville du sud est de Kuala Lumpur, a animé un atelier sur le dialogue inter-religieux pendant lequel les participants ont eu une séance de dialogue avec Patricia Martinez, Malaisienne, chercheur et auteur de conférences sur l’islam en Asie du Sud, et qui a également une vaste connaissance des traditions sikh et hindoue.
Han Lina, participante chinoise de 27 ans a déclaré avoir été à la fois intéressée et touchée par la beauté et les richesses des différentes religions qu’elle a pour certaines redécouvertes. Elle a par ailleurs reconnu que la situation en Chine n’est pas favorable au dialogue interreligieux : « J’avais depuis longtemps acquis la certitude que seul le baptême pouvait donner le salut et qu’il n’y a pas de salut en dehors de l’Eglise, dit-elle, mais après le programme de formation et l’expérience de ce séminaire inter-religieux, j’ai une compréhension nouvelle du salut, bien plus universelle, bien moins cantonnée… »
Selon Charles Bertille, directeur de l’IFFAsie, les organisateurs et responsables ont choisi la Malaisie pour ce programme d’immersion car ils estimaient que c’est le meilleur endroit de toute la région du sud-est de l’Asie : « Nos étudiants venant de tous les pays asiatiques font ainsi l’expérience interreligieuse la plus poussée, la plus ’’immergée’’, et sont vraiment sensibilisés aux questions et à la situation des réfugiés. »
Les jeunes s’ouvrent ainsi au dialogue entre les cultures et les religions, mais aussi à la question des migrations, grand défi de ce temps...